LE CHENE ET LES PHOQUES
Le CHENE accueille deux espèces de phoques : les phoques veaux-marins (Phoca vitulina), et les phoques gris (Halichoerus grypus). Par le passé, l’association a même accueilli un phoque marbré (Pusa hispida) !
Concernant les premiers phoques accueillis au CHENE, beaucoup d’entre eux ont été transférés à la Zeehondencrèche (centre de soins mondialement reconnu situé dans le Nord des Pays-Bas). En 1989, la Zeehondencrèche anticipe la saturation de ses structures et forme Alain BEAUFILS, au cours d’un stage d’une semaine. C’est en 2000 qu’Alain et Sophie HEBERT – en contact avec la Zeehondencrèche – mettent en place le « protocole phoque » pour l’accueil des bébés et des jeunes au sein de l’association.
Phoques gris et veaux-marins accueillis au Centre de Sauvegarde
LA PRISE EN CHARGE DES PHOQUES
La plupart des phoques échoués sont récupérés par les associations affiliées au Réseau National d’Echouage (RNE) ou par les pompiers. A l’accueil, l’animal est examiné pour établir un diagnostic (prise de la température, pesée, état de déshydratation, examen du corps pour les fractures/plaies, les yeux… Les phoques accueillis sont essentiellement des jeunes. Le centre n’est pas adapté à la contention d’individus adultes.
En quarantaine, les phoques sont stabilisés, réhydratés par intubation, puis nourris par une bouillie de poisson, plus facile à assimiler que les poissons entiers. Les repas sont distribués toutes les 4 heures, 5 fois par jour. Les doses sont progressivement augmentées afin de diminuer la fréquente. Ensuite, le « force-feeding » est utilisé (les poissons sont enfoncés de force la tête la première dans la gueule de l’animal, au contact du poisson il déglutit seul).
En piscine, les phoques apprennent à se nourrir seuls et à développer leurs compétences à la nage. Le centre dispose de deux piscine pour accueillir les phoques :
- La piscine tunnel. 3m x 10m. Cette piscine est entourée d’une vaste plage en ciment adaptée aux soins et nourrissage.
- La piscine carré. 5m x 7m. Cette piscine est utilisée essentiellement pour les phoques qui ne nécessitent pas de soins et qui sont en attente pour être relâchés.
Après une période de soins plus ou moins longue, selon les individus, le phoque peut être relâché dans son milieu naturel. Au préalable, il doit avoir atteint un poids suffisant, présenter un bon comportement et être en bonne santé. Il doit impérativement être apte à se débrouiller seul dans la nature ! Avant d’être relâchés, les phoques sont bouclés au niveau de la palmure. Sur la boucle, un numéro d’identification unique permettra d’effectuer un suivi, au gré des observations réalisées par les naturalistes.












LE PARRAINAGE






Les phoques veaux-marins pris en charge pendant la période estivale font l’objet d’une campagne de parrainage. Bien souvent ces jeunes mammifères sont victimes de dérangement humain. Dans ce cas, la mère s’enfuit et le petit se retrouve alors seul, incapable de se débrouiller. Au centre de sauvegarde, ils sont pris en charge pour une période de trois à quatre mois, le temps pour eux de grandir, de de prendre du poids et de devenir autonome, avant d’être relâchés.
Fonctionnement des piscines, nourriture, soins, etc… on estime qu’entre le moment de sa prise en charge et sa remise en liberté, un phoque veau-marin coûte en moyenne 2 500€. Pour nous aider à les prendre en charge, vous pouvez parrainer les phoques présents en soins.
Parrainer un phoque vous permet également d’être invité lors d’un relâcher (souvent en octobre). Deux bulletins d’informations vous seront envoyés au cours de l’été.
LES PHOQUES VEAUX-MARINS (2025)
🦭 Gobou est un jeune mâle, accueilli au centre le 28 juin, en provenance de la Baie de Somme (Le Crotoy). À son arrivée, il pesait 11 kg.
🦭 Lippoutou est une femelle qui a également été accueillie le 28 juin, en provenance de Le Crotoy. Elle pesait 11,03 kg.
🦭 Fouinette a été accueillie au centre le 2 juillet, en provenance de la Baie de Somme (Cayeux-sur-Mer). Elle n’était pas très en forme à son arrivée, mais elle reprend déjà du poil de la bête. Elle pesait 12 kg.
🦭 Bulbizare faisait 10 kg à son arrivée, le 4 juillet. Ce jeune phoque nous vient de la Baie du Mont-Saint-Michel. Il a été rapatrié par l’Office Français de la Biodiversité (OFB) de la Manche, puis l’OFB du Calvados.
🦭 Paras est un mâle qui pesait 11,8 kg à son arrivée le 6 juillet. Comme d’autres, il nous vient de Le Crotoy. Il a d’abord été pris en charge et stabilisé pendant 5 jours par Chloé Druaux, de l’association Picardie Nature.
🦭 Coxy est arrivé le même jour que Paras, la petite femelle a également été stabilisée par Chloé pendant 4 jours avant d’être rapatriée au CHENE.
ON A EU DES NOUVELLES... (parmi d'autres)
Bonnemine
Bonnemine est un phoque veau-marin femelle, accueilli au CHENE le 14 juillet 2007, alors qu’elle n’était âgée que d’un jour. Pour arriver jusqu’au centre de soins, Bonnemine n’a pas pris la route… mais avait a été rapatriée par la voie des airs ! C’est dans l’avion de Gérard Gautier, et grâce au pilote Pierre Paume, que cet exploit avait été rendu possible. Bonnemine avait été relâchée en Baie du Mont Saint Michel le 5 novembre 2007, équipée d’une balise GPS. Les données ont montré qu’elle était partie s’installer chez nos voisins Anglais. La balise a cessé d’émettre en 2008. Cependant, au fil des ans, nous avons parfois des nouvelles d’observation de Bonnemine qui paraissait en bonne santé et profitait pleinement de sa vie dans la nature.
Début 2025, nous avons été contactés par l’équipe de Dorset Wildlife Trust pour nous informer que Bonnemine séjournait dans un port du Dorset (Cobb’s Quay Marina).
Paprika
Paprika est un phoque veau-marin femelle, accueilli au CHENE lorsqu’elle était petite, en juillet 2013. Après plusieurs mois au centre de soins, elle avait été relâchée en baie du Mont-Saint-Michel en octobre de la même année. Par la suite, Paprika avait été observée à plusieurs reprises : en 2014 en Ille-et-Vilaine puis dans les Côtes d’Armor en 2014, 2015 et 2020. En 2020, elle avait été observée en compagnie de son jeune. En 2022 Paprika est de nouveau maman ! En juillet elle a été observée lors d’une mission de suivi d’une colonie de sternes dans les Côtes d’Armor, en compagnie d’un jeune. Photo réalisée par Alicia Sedani, Volontaire en Service Civique à Bretagne Vivante. Un grand merci à Manon Simonneau, chargée de projets naturalistes chez Bretagne Vivante, pour ces informations.
Pogo
Pogo a été accueilli au CHENE pendant l’été 2022, en provenance de Crotoy dans la Baie de Somme. Après deux mois et demi de soins, le jeune phoque avait pu être relâché. En mars 2023 nous avons eu le plaisir d’apprendre que Pogo avait été observé par des agents de la Maison de l’Estuaire. Pogo à pu être identifié grâce à la bague pourvue d’un numéro qu’il porte au niveau de la palmure. Il se trouvait donc en bonne santé, dans la réserve naturelle de l’estuaire de la Seine.
Tama
En 2023, c’était « l’anniversaire » des 20 ans de liberté du Tama. Tama est un phoque veau-marin femelle ; accueilli au CHENE le 18 juillet 2003 puis relâchée le 1er octobre, en Baie du Mont-Saint-Michel. Après son relâcher, Tama est photographiée une première fois le 11 décembre 2007 par Gérard GAUTIER puis une seconde fois le 14 août 2008. Ces observations nous apprennent que Tama se porte bien. Le 17 juillet 2023, l’équipe apprend que Tama est maman ! En effet, Tama est aperçue avec son petit, suite à un survol de la baie du Mont-Saint-Michel par Gérard. Depuis, chaque année, Tama est observée gestante ou avec son jeune. Aujourd’hui, Tama ne possède plus sa plaque signalétique, mais elle est identifiable grâce à certains motifs en forme de signa Σ sur son pelage !
Jupiter
Jupiter (phoque veau-marin) a été accueilli au CHENE le 2 juillet 2005, récupéré après avoir été séparé de sa mère. Il a été relâché le 25 septembre 2005 à Le Hourdel (80) avec un poids de 42kg. Le 2 novembre 2007, Jupiter est aperçu. Notre découvreur, Louis-Marie PREAU photographe professionnel, a pu identifier l’animal grâce au numéro unique de sa bague : 56003, et immortaliser l’évènement. Nous savons ainsi qu’il est en pleine forme 2 ans après sa réhabilitation et qu’il séjourne dans la Baie de Somme, lieu de vie d’une colonie de phoques veaux-marins, située très près du lieu de lâcher. Toute l’équipe lui souhaite bonne continuation, nous serions heureux d’avoir de ses nouvelles.
Citronnelle
Citronnelle a été relâchée le 11 octobre 2018, sur la plage de Fécamp, en présence des enfants de la ville ainsi que de nombreux élus de la ville. Elle a été accueillie le 15 juillet 2018, en provenance de la baie de Somme, où elle a été retrouvée échouée sur la plage. Après une prise en charge sans encombre, c’est une belle bonbonne qui a pu reprendre les flots et retrouver son milieu naturel. Petite anecdote du centre : en quarantaine, elle adorait se tétouiller la palmure, un vrai bébé ! Début juillet 2019, Citronnelle a été vu par un membre de l’équipe de l’association Découverte Nature sur la plage de Berck-sur-Mer. Un grand merci à eux de nous avoir partagé cette bonne nouvelle.
Iota
Iota a été relâchée le 10 octobre 2014 dans la baie du Mont Saint-Michel avec trois autres phoques : Io, Sigma et Omicron. Elle a été reçue le 12 juin 2014 en provenance de Cayeux sur Mer où elle a été retrouvée échouée sur la plage par l’équipe de Picardie Nature. Iota est un jeune phoque veau-marin femelle, à la vie singulière puisque nous l’avons accueilli alors qu’elle ne devait pas être née… En effet, c’était une prématurée de 3 semaines ! À la mi-mai 2019, Iota a été aperçue dans la colonie de la Baie du Mont… Toute ronde… Comme une barrique… Car elle attend un heureux événement ! Un grand merci à Audrey du Syndicat Mixte pour cette belle nouvelle.
Omicron
Relâché le 10 octobre 2014 en baie du Mont-Saint-Michel, Omicron (phoque veau-marin) a été récupéré par Océanopolis à Brest le 4 février 2014 après avoir été pris dans des filets de pêche qui l’ont empêché de se nourrir et lui ont blessé les palmures. Amaigri, il a été pris en charge par l’équipe de soigneurs qui nous assurent que tout se déroule bien pour l’instant et qu’Omicron est un bon patient. Le 27 mai 2015, Omicron a repris sa liberté sur la plage de Lampaul Plouarzel en Bretagne. Complètement rétabli avec un beau poids (36 kg), c’est avec soulagement que nous avons appris cette nouvelle. Un grand bravo à l’équipe de soigneurs d’Océanopolis, qui nous a gentiment transmis ces informations.
Ciboulette
Ciboulette a été relâchée le 6 octobre 2018 sur la plage d’Yport en compagnie de Réglisse. Elle a été reçue au centre le 12 juillet en provenance de la baie des Veys où elle a été retrouvée échouée sur la plage. Au CHENE elle était connue et reconnue pour avoir un très grand appétit et se jeter sur sa nourriture. Le 22 novembre dernier, Ciboulette a été photographiée au Sud de l’Angleterre alors qu’elle se reposait dans l’estuaire de l’Exe au Nord de Plymouth (The Turf, Station Road, Teignbridge EX6 8EE, Royaume-Uni). Nous sommes ravis de constater que notre système de bagage fait encore une fois ses preuves. Un grand merci à Mark DARLASTON www.cornwallsealgroup.co.uk
Aladin
Aladin (phoque veau-marin) a été accueilli au CHENE le 21 juillet 2009 âgé entre 8 et 10 jours et ne pesant que 10kg. Il a été trouvé séparé de sa mère et a été relâché le 15 octobre 2009 en baie du Mont-Saint-Michel. Seulement 4 jours après, un jeune phoque veau-marin est retrouvé échoué face au dans la baie du Mont-Saint-Michel, sans doute piégé par une pêcherie c’est Aladin. Le 15 novembre suivant, Gérard GAUTIER remarque la présence d’Aladin parmi un groupe de 11 individus. Malheureusement, nous apprenons en 2010 qu’un phoque décédé a été repéré par un pêcheur en mer, celui-ci a eu le bon réflexe de récupérer la bague ; la sienne.
Jean-Claude
Jean-Claude (phoque veau-marin) a été accueilli au CHENE le 8 juillet 2002 âgé de moins d’une semaine. Il a été trouvé séparé de sa mère et a été relâché le 29 septembre 2002 en baie de Somme avec un beau poids de 36,5kg. En octobre 2008, Jean-Claude a été muni d’une balise GSM lors d’une campagne de captures menée par l’association Picardie Nature afin d’étudier l’impact du projet de construction d’une zone éoliennes offshore au large du Tréport. Le 9 août 2009, nous avons constaté que la balise est tombée. Toutefois Philippe THIERRY a pu le prendre en photo ce qui nous a permis de démontrer que c’est un phoque en pleine forme que nous retrouvons 7 ans après l’avoir lâché.
Dahlia
Le métier de soigneur est fait de soins et de relâchers, mais également de décès. Nos confrères du Groupe Mammalogique Normand ont retrouvé Dahlia, échouée le 18 août 2018. Il s’agissait d’une petite femelle phoque veau-marin accueillie au centre en 2011. Elle était connue de l’association puisqu’elle fréquentait très régulièrement la baie où elle avait été retrouvée. Arrivée le 11 juillet 2011 en provenance de la baie du Mont-Saint-Michel, elle a été relâchée bien portante le 26 septembre de la même année en Baie de Veys avec 3 autres phoques veaux-marins : Iris, Violette et Lotus.
